Skyfall

Il y a certains événements qui vous font sortir de votre torpeur rédactionnelle et il va de soit que la sortie au cinéma d’un nouveau James Bond en fait partie. Je ne pouvais donc pas rester en retrait et ne pas donner moi aussi mon avis sur ce que tout le monde a considéré comme « Le meilleur James Bond de tous les temps ».

Histoire de vous faire un rapide historique, je suis un grand fan des films des années 60 et 70, Pierce Brosnann m’a mis sur le cul dans GoldenEye, j’ai trouvé que Casino Royale était un bon film d’action mais pas forcément un bon 007 et enfin qu’il n’y a pas grand chose à sauver de Quantum of Solace.

C’est pour vous dire à quel point j’ai eu peur/mal quand j’ai vu la bande annonce de Skyfall (en VF en plus, erk) que je ne trouvais pas convaincante du tout. Cependant, le temps a passé et le fabuleux titre d’Adele est passé par là pour remonter mes espoirs. Je me suis donc rendu à la séance méfiant mais enthousiaste (Enfin, je l’aurais été un peu plus si mon collègue n’était pas arrivé à moitié à la bourre).

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Drive

Aujourd’hui donc je reprend mes bonnes vieilles habitudes avec la critique d’un film sorti il y a de cela au moins 4 mois, dont tout le monde a parlé sauf moi !

Je ne sais plus si j’en avais déjà parlé sur le blog ou non mais habituellement j’essaye d’aller voir au ciné des film récompensés à Cannes parce que je trouve toujours intéressant de voir ce qui peut être matière à entrer parmi des films qui ont marqué leur temps lors de l’année écoulée. Malheureusement cette année du à mon emploi du temps assez chargé, je n’ai pas pu voir grand chose au cinéma mais j’ai quand même réussi à débloquer un après midi pour aller voir ce film. Cependant, je nourris pas mal de regrets à ne pas avoir vu Polisse ou The Artist sur grand écran. Même si je sais que je les verrais chez moi, ce sera juste pas la même chose.

M’enfin, on est ici pour parler de Drive qui a donc reçu le prix de la mise en scène cette année à Cannes. On va donc voir si cette récompense était justifiée.

Le film est vendu comme l’histoire d’un cascadeur de cinéma le jour qui se transforme la nuit en conducteur de haut vol pour braqueurs cherchant un moyen d’échapper aux flics une fois leur forfait perpétré. Et il est donc normal de se dire qu’on va voir plein de braquages de banques et compagnie, qu’on vivra à l’intérieur du gang et qu’on sera témoins des tensions ou des trahisons de certains membres … enfin bref que ça va péter dans tout les sens pendant 100 minutes pile poil et qu’on va ressortir de la salle en extase. Eh bien, c’est pas tout à fait ça …

Car en effet si braquage il y a au début du film, c’est bien le seul que nous verrons ! Et encore, pour ce qui est de le voir on repassera car on attendra gentiment dans la voiture les méchants bandits. Bref, dès les 10 premières minutes du film, on se dit bien qu’on va peut être pas avoir ce que l’on est venu chercher et qu’au final ce n’est pas si mal.

On peut pester contre le scénario qui va se révéler ultra basique et presque sans saveurs ni surprises, une histoire linéaire dont on devine la fin au bout d’une heure tellement que ça saute aux yeux. Mais ce serait oublier pourquoi nous sommes venu nous enfermer dans cette salle obscur : un prix de mise en scène.

Et là, on en prend vraiment plein les yeux pendant tout le long du film! Chaque plan est travaillé de façon incroyablement minutieuse et presque sans considération pour le spectateur. C’est à dire qu’on pourra passer 2 minutes sur un plan large de garage miteux et ne voir la scène que de loin juste pour la beauté de l’environnement. Ce genre de parti pris n’est pas sans rappeler la série Breaking Bad très coutumière de ce genre de plans pour un résultat identique : c’est absolument magnifique ! Dans ce genre de film, on prend donc le temps de poser le décor et les rues de Los Angeles s’y prêtent divinement bien. L’apothéose est atteinte (selon moi) lors de la scène de l’ascenseur qui est tout bonnement parfaite, rien à enlever et rien à ajouter.

Petit coup d’œil maintenant du côté du casting et quelle divine surprise de retrouver Carey Mulligan sur un grand écran alors qu’on l’a quitté dans les rues de Cardiff à tenir une boutique de location VHS ! Cerise sur le gâteau, on y retrouve aussi l’excellent Bryan Cranston (de l’excellent Breaking Bad cité ci-dessus) et également Ron Perlman que l’on retrouve dans Sons of Anarchy. Du très très bon donc avec des acteurs qui font le boulot aussi bien que possible. Ce qui m’amène au cas Ryan Gosling. C’est pas qu’il soit mauvais mais en le regardant joué j’ai eu un violent relan du syndrome Michael Scofield. On peut affirmer sans trop se tromper que dans ce film, il développe uniquement 3 expressions faciales différentes et à la longue c’est assez fade comme interprétation. Et pour un acteur principal, c’est quand même dommage.

Dernier point pour souligner la perfection de la bande originale du film que je vous conseille vivement de vous procurer pour l’écouter en boucle afin de prolonger l’atmosphère du film. Un must have !

Note : 14,5/20

C’est donc un film à voir bien entendu mais qui à mon avis reproduit l’effet Avatar à savoir un film magnifique du début à la fin d’un point de vue de la mise en scène (ce qui justifie amplement son prix obtenu à Cannes) mais qui a un scénario banal, sans surprises.